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Vigifinance : comprendre la famille avant de structurer le patrimoine

Par Ines Achi
Vigifinance : comprendre la famille avant de structurer le patrimoine

Lauréat du NOVA Wealth Architect Award lors du NOVA Wealth Summit, organisé le 15 octobre 2026 à l’Automobile Club de France, Vigifinance a été distingué pour un dossier associant protection d’un petit-enfant vulnérable, transmission internationale et fiducie-gestion. Pour Hubfinance, Gwenaelle Laizé, Responsable Ingénierie Patrimoniale, revient sur les enjeux de cet accompagnement et défend une conviction : comprendre la famille doit précéder le choix des solutions.

Votre dossier a été distingué pour sa capacité à articuler les enjeux juridiques, fiscaux et familiaux. Qu’est-ce qui vous a semblé déterminant dans cette approche ?

Gwenaelle Laizé : Il faut d’abord comprendre la famille avant d’envisager les solutions. Certains sujets sont difficiles à aborder, et la vulnérabilité d’un enfant en fait partie : elle suscite des inquiétudes, parfois un silence, alors qu’il faut justement anticiper sa protection sur des décennies.

Notre rôle est de créer un climat de confiance pour faire émerger les besoins réels. La fiducie-gestion illustre cette approche : au-delà de l’outil juridique, elle doit être pensée autour du bénéficiaire et de sa famille, afin de protéger durablement ses intérêts et d’apporter de la sérénité à ses proches.

Dans le cas d’une fiducie-gestion destinée à protéger un petit-enfant vulnérable, avec une donatrice résidente fiscale italienne, quels ont été les principaux points de vigilance ?

Le premier point de vigilance a été de partir des besoins du bénéficiaire et des objectifs de sa famille. Il s’agissait de concevoir un dispositif permettant de protéger un petit-enfant vulnérable et d’organiser la gestion de son patrimoine dans la durée.

Le deuxième enjeu était juridique : il fallait articuler la donation réalisée en Italie avec l’obligation d’affecter les titres transmis à une fiducie-gestion de droit français. Cela supposait de veiller à la cohérence des actes et au respect des règles applicables, notamment au regard de la minorité du bénéficiaire.

Enfin, la dimension internationale nécessitait une attention particulière. La résidence fiscale italienne de la donatrice et la résidence fiscale française du bénéficiaire imposaient d’examiner les conséquences fiscales de la donation dans les deux pays, ainsi que le traitement du transfert des titres vers la fiducie.

Comment faire en sorte que l’ingénierie patrimoniale dépasse les seuls aspects juridiques et fiscaux pour s’intégrer pleinement à la stratégie financière et aux objectifs de long terme d’une famille ?

L’ingénierie patrimoniale ne peut pas être envisagée indépendamment de la stratégie financière et des objectifs de long terme d’une famille. Les choix juridiques et fiscaux n’ont de sens que s’ils s’inscrivent dans une réflexion globale, tenant compte de la composition du patrimoine, des besoins de revenus, de l’horizon d’investissement, des projets familiaux et des enjeux de transmission.

Pour une fiducie-gestion, cela signifie définir avec la même attention le cadre juridique et la politique de gestion des actifs confiés.

Cela implique aussi d’accompagner la famille dans la durée. Les situations, les projets et la réglementation évoluent : la stratégie doit donc être réexaminée régulièrement.

Dans les situations patrimoniales complexes, comment concilier la protection d’un proche, les intérêts des différentes générations et la volonté de transmission ?

La première étape consiste à comprendre les attentes et les préoccupations de chacun, tout en plaçant la protection du proche concerné au cœur de la réflexion.

Dans les situations familiales complexes, les objectifs peuvent être différents, voire contradictoires : sécuriser l’avenir d’une personne vulnérable, préserver l’équilibre entre les générations et organiser la transmission du patrimoine.

Notre rôle est d’identifier ces enjeux, de les mettre en perspective et de rechercher des solutions permettant de les concilier dans la mesure du possible. Cela suppose de tenir compte des réalités humaines et familiales, mais aussi d’anticiper les besoins futurs et les évolutions possibles de la situation.

Selon vous, quelle dimension du métier de family office prendra le plus d’importance dans les prochaines années : la structuration, la coordination des experts ou l’accompagnement humain des familles ?

L’accompagnement humain, sans hésiter. Face à la complexité des patrimoines et aux enjeux de transmission, le family office doit aller au-delà de la seule expertise technique pour comprendre les aspirations, les préoccupations et les dynamiques propres à chaque famille.

Si la structuration et la coordination des experts restent essentielles, c’est la qualité de la relation humaine qui leur donne tout leur sens.

À l’heure où l’intelligence artificielle facilite certaines analyses, l’écoute, la confiance et le discernement restent irremplaçables. C’est cette compréhension fine des familles qui nous permet de construire, à leurs côtés, des stratégies patrimoniales cohérentes et durables.

Étiquettes: Family Office

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